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Pister la tortue serpentine, cette « crocodilienne » qui n’a rien de féroce

Connaissez-vous Chelydra serpentina alias la serpentine ? Assez mal ? On vous dit ce que l’on sait sur cette espèce que nous suivons justement pour mieux la connaître ! Questions – réponses :

Montage

 
A quoi ressemble-t-elle ?

La serpentine a une allure caractéristique très « crocodilienne » avec sa longue queue ornée d’écailles et excroissances en dents de scie. Sa tête est massive et la mâchoire supérieure forme un bec recourbé en crochet. Sa carapace, marron à vert olive, est faiblement bombée et ornée de 3 carènes parallèles. Un adulte peut mesurer entre 20 et 50cm et peser jusqu’à 50kg.

Où la trouve-t-on et quels milieux fréquente-t-elle ?

La serpentine est une tortue aquatique d’eau douce originaire d’Amérique du Nord interdite à la commercialisation en France depuis les années 1990. Cette espèce exotique récemment installée dans la région est essentiellement référencée dans le secteur des lacs médocains. Elle peut être aperçue dans les crastes (fossés drainants) et marais les années particulièrement humides comme 2024.

Que sait-on de son écologie ?

Assez peu de choses pour le moment. Quels sont ses habitats de prédilection ? Quels déplacements opère-t-elle ? Comment choisit-elle ses sites de ponte ? Quel est son régime alimentaire ? Les suivis que nous menons ont vocation à apporter quelques éléments de réponse. A cet effet, 6 individus ont été équipés d’émetteurs pour suivre leurs déplacements. Les premiers résultats nous apprennent que l’espèce peut avoir une très faible activité en restant immobile enterrée dans le sable 3 mois durant. On la trouve la plupart du temps dans des secteurs sans autres espèces de tortues et où l’écrevisse de Louisiane, omniprésente, semble sa principale source de nourriture.

Est-ce un monstre féroce ?

Bien sûr que non ! Comme tout animal sauvage, la serpentine apprécie peu d’être dérangée et peut chercher à se défendre si elle se sent menacée. Dans ces conditions, la réaction d’un individu peut s’avérer dangereuse du fait des morsures qu’il peut occasionner. La serpentine n’a donc rien d’une bête féroce. Outre-Atlantique, nos cousins canadiens n’ont d’ailleurs aucune crainte à se baigner dans les lacs où l’espèce réside.

Faut-il s’inquiéter pour les tortues autochtones comme la Cistude d’Europe ?

Dans l’état actuel de nos connaissances, elle ne représente a priori pas de danger pour la Cistude. Au Canada, dans son milieu d’origine, la serpentine cohabite avec de nombreuses autres espèces de tortues…
La serpentine mérite surtout d’être mieux connue. Pour cette raison, un panneau va être installé sur la piste cyclable qui traverse le marais entre Carcans et Carcans-Maubuisson.

Que faut-il faire si l'on croise une serpentine ?

Adopter le même comportement qu’avec n’importe quel animal sauvage : le laisser tranquille. Nous communiquer la localisation précise étayée d’une photo de l’individu nous aidera aussi à améliorer la connaissance de l’espèce : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Merci !

Pour aller + loin :

Nous portons aussi un appel à bénévoles pour pister l’espèce dans le secteur du canal des étangs pour améliorer la connaissance de son aire de répartition. Ainsi, nous recherchons quelques personnes prêtes à arpenter avec nous en soirée quelques circuits de 3 à 5km à la recherche de traces de serpentines les mercredi 29 mai et 5 juin. Rendez-vous à 21h au Porge, lampes (torches ou frontales) et chaussures de marche indispensables. Inscriptions : Mercredi 29 mai ou Mercredi 5 juin 2024

Montage traces

Pour la réalisation de nos actions sur la Serpentine, nous recevons le soutien financier de fonds européens (Feder), de la région Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.

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